Peut-être connaissez-vous la stratégie de l’échec.
Lors de mes stages, beaucoup d’entre-vous me parlent de cette stratégie en écho à mes propositions.
Je comprends que vous tentiez de rattacher cette tentative humoristique et parodique à mon travail, c’est normal d’être déstabilisé par une approche aussi « mindblowing » que la mienne mais il me semble nécessaire de clarifier certains points différenciant. Car, là où ces acteurs ont tenté la galéjade, moi, je vous propose une technique éprouvée ainsi qu’un plan d’action sur lequel vous reposer.
Ce n’est pas de tout repos de se sous développer.
Laissez-moi vous présenter la stratégie de l’imbrouille.
Impasse – Embrouille
Une embrouille qui aboutit sur une impasse collective.
Rater un entretien d’embauche est facile, on l’a tous fait.
Imbrouiller est bien plus profond et complexe.
- Il ne s’agit pas juste d’envenimer un débat. Ici, la cible est double : vous même et votre interlocuteur. Transformer une conversation en bourbier.
- Il ne s’agit pas de troller, troller est à sens unique, vous infligez le trouble à votre victime mais restez lucides sur la situation. Ce n’est pas ça que nous souhaitons
- en résumé il ne s’agit pas de gagner, mais de se neutraliser.
Lors du stage de sous développement collectif où nous déployons la stratégie de l’imbrouille, nous nous entraînons à provoquer les quiproquo, lapsus et autre mauvaises qualifications qui conduisent inexorablement à ces ornières dans lesquelles vous et vos interlocuteurs restent bloqués.
Et l’échange se termine par un interminable blanc où même dire au revoir est douloureux.
Ici le vrai travail, vous l’avez compris, c’est l’auto-trouble, celui qui vous amène à comprendre dans les yeux de votre interlocuteur que vous l’avez perdu. Vous pouvez vous remémorer des oraux à l’école où vous sentiez le désespoir de vos professeurs lors de vos présentations au tableau.
Ces moments où outre votre malaise, vous sentiez sa pensée : « mon métier est vain, je n’ai aucune utilité ».
Ne vous reposez pas sur les lauriers du désespoir créé car, comme je l’ai dit, il s’agit d’aller chercher cette panique archaïque au fond de vous afin de perdre raison.
Il faut que votre malaise se sente chez votre interlocuteur sur le plan cognitif mais aussi olfactif, cette première goutte de sueur que vous sentez se constituer sous votre aisselle est votre meilleur alliée. Elle a souvent la particularité d’être une sorte huile essentielle d’odeur corporelle qui témoigne de votre détresse.
Je déconseille les états altérés pour la stratégie de l’imbrouille car il faut partir d’un état lucide pour vivre une vrai descente, l’alcool, par exemple, peut avoir tendance à inhiber un sentiment de honte qui faut au contraire dans cette situation exacerber.
L’imbrouille est un aboutissement où les concepts de corps et d’esprits ne sont plus dissociés, mais forme un tout unique et déplorable.
Vous commencez à comprendre ?
Le sous-développement n’est pas une sinécure mais votre propre chemin croix.
Pour aller plus loin, venez à mes stages :
- Samedi 17 octobre à Aubuson en Creuse car c’est dans ce pays que je trouve mon désespoir
- jeudi 12 novembre à Paris à Factorielle 52, car à la manière d’un troubadour, je dois colporter les pratiques et récits afin que nous soyons tous les jours plus nombreux.
- Jeudi 19 novembre à Champagnat en Creuse qui me semble être un cluster de looser. Je n’aurai pas grand-chose à leur apprendre.
